Western Europe · 9 Apr 1940 – 10 Jun 1940
Campagne de Norvège
L’invasion surprise allemande, menée par mer et par les airs, s’empara des ports norvégiens en quelques heures. La campagne se prolongea toutefois pendant deux mois : les forces norvégiennes, britanniques, françaises et polonaises combattirent autour de Narvik, jusqu’à ce que la chute de la France contraigne les Alliés à évacuer le pays.
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Au matin du 9 avril 1940, des forces navales allemandes et des troupes aéroportées attaquèrent simultanément Oslo, Kristiansand, Arendal, Egersund, Stavanger, Bergen, Trondheim et Narvik. Le Danemark capitula en quelques heures, et la plupart des ports norvégiens tombèrent après un ou deux jours de combats acharnés mais brefs. À l’entrée de l’Oslofjord, les batteries côtières norvégiennes et la forteresse d’Oscarsborg coulèrent le croiseur lourd allemand Blücher et endommagèrent le cuirassé de poche Lützow. Elles retardèrent ainsi, sans l’empêcher, la prise de la capitale ; les parachutistes allemands s’emparèrent de l’aérodrome de Fornebu, où des renforts furent acheminés par avion, tandis que le roi Haakon VII, le gouvernement et les réserves d’or se repliaient vers le nord. À Narvik, la 3e division de montagne du Generalleutnant Eduard Dietl débarqua le 9 avril depuis dix destroyers, après que les navires de défense côtière norvégiens Norge et Eidsvold eurent été coulés dans le port. La Royal Navy riposta dès le lendemain : la 2e flottille de destroyers du capitaine Warburton-Lee coula deux destroyers allemands lors de la première bataille de Narvik, le 10 avril. Le 13 avril, le cuirassé Warspite et une flottille plus importante détruisirent les huit destroyers allemands restants lors de la seconde bataille de Narvik, laissant les chasseurs de montagne de Dietl isolés à terre et privés de soutien naval.
Durant la seconde moitié d’avril, le général Otto Ruge, qui avait remplacé le discrédité Kristian Laake au poste de commandant en chef norvégien le 10 avril, tenta d’organiser la défense du sud de la Norvège tandis que les troupes alliées débarquaient. Des brigades britanniques débarquèrent à Namsos et à Åndalsnes pour prendre Trondheim en tenaille. À partir de la fin avril et du début mai, les chasseurs alpins français du général Béthouart et la Brigade autonome polonaise de chasseurs de Podhale renforcèrent le front de Narvik. L’attaque en tenaille contre Trondheim fut abandonnée. La force britannique d’Åndalsnes, envoyée pour soutenir les troupes norvégiennes dans la vallée du Gudbrandsdal, fut repoussée par la 196e division d’infanterie allemande, qui avançait vers le nord depuis Oslo, puis évacuée le 2 mai, ce qui mit fin à toute résistance organisée dans le sud. Les forces norvégiennes du sud capitulèrent au début de mai, bien que les combats se poursuivissent dans le nord.
Autour de Narvik, les Alliés rassemblèrent un important contingent de troupes britanniques, françaises, polonaises et norvégiennes, placé sous les ordres du major-général Claude Auchinleck, qui avait remplacé Piers Mackesy, et sous le commandement naval de l’amiral Lord Cork. Les chasseurs de montagne de Dietl, des parachutistes et des troupes de montagne formées au parachutisme, parachutées à partir de la mi-mai, résistèrent dans les hauteurs surplombant la ville. Le 28 mai, les troupes alliées donnèrent enfin l’assaut amphibie à Narvik, contraignant les Allemands à se replier vers la frontière suédoise ; c’était la première fois, au cours de la guerre, que les forces allemandes étaient chassées d’une ville qu’elles avaient conquise. Cette victoire devait cependant rester sans lendemain : la percée allemande en France avait déjà rendu la position alliée en Norvège intenable, et le commandement allié avait décidé le 24 mai d’évacuer le pays. Les troupes alliées quittèrent Narvik avant le 8 juin. Au cours de cette évacuation, les croiseurs de bataille allemands Scharnhorst et Gneisenau surprirent et coulèrent le porte-avions HMS Glorious et deux destroyers d’escorte, le 8 juin. Le roi Haakon et son gouvernement gagnèrent la Grande-Bretagne pour s’y exiler. Les forces norvégiennes encore au combat capitulèrent le 10 juin 1940, mettant fin à la campagne par une victoire allemande totale et ouvrant cinq années d’occupation.